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Internationale Touaregue
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- Date submitted: 1 Nov 2011
- Stakeholder type: Major Group
- Name: Internationale Touaregue
- Submission Document: Download
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CONTRIBUTION DE L'ONG INTERNATIONALE TOUAREGUE POUR
RIO+20
«On aurait continué à garder le silence, si, de ce qu?on le gardait, plusieurs
personnes n?avaient conclu qu?on y était réduit.» Montesquieu, De l?Esprit des lois,
II
Sur la question de la gouvernance mondiale :
1-La participation de la société civile
Rappelant que l?article 38.5 de l?Action 21, sur l?importance de la participation active
des ONG
Rappelant l?article 38L de l?Action 21 sur les moyens de rendre efficace la participation
des ONG
Rappelant le chapitre 27 de l?Action 21 sur le renforcement du rôle des organisations
non gouvernementales
Rappelant la reconnaissance et le renforcement du rôle des peuples autochtones et de
leurs communautés, énoncé au chapitre 26 de l?Action 21
Notant que la gouvernance mondiale souffre d?un déficit démocratique certain
s?agissant de la participation active des ONG
Recommande :
(a)La fusion de la CDD avec l?ECOSOC pour devenir un conseil économique,
social, culturel et environnemental ECOSOCE, qui serait renforcé par une
Charte de l?environnement
(b) L?attribution à ce nouveau Conseil des compétences en matière
environnementale, quant au suivi des normes juridiques internationales.
(c)Que plutôt que la création d?un forum permanent à l?instar de l?UNFPII,
présentant les risques d?une expression trop parallèle, d?intégrer directement les
ONG accréditées ECOSOCE dans les négociations internationales relatives à
l?environnement
(d)Que la représentativité des différents modes de vie des peuples (peuples
sédentaires ou mobiles), à travers leurs ONG soit garantie2-Sur l?opportunité d?une Organisation Mondiale de l?Environnement et
d'une juridiction internationale spécialisée
Rappelant que l?idée d?une Organisation Mondiale de l?Environnement a émergé avec la
Conférence de Rio de juin 1992
Rappelant que le Conseil d?administration du PNUE, réuni du 21 au 24 février 2011 en
forum ministériel mondial sur l?environnement a adopté et transmis au Comité
préparatoire dans le contexte de la préparation de RIO+20 la création d?une OME,
« comme option privilégiée ».
Aussi nous recommandons :
(a)La création de l?Organisation de Mondiale de l?environnement OME, son siège
serait en Afrique, nous proposons Accra, capitale du Ghana
(b)Cette organisation aurait pour but d?amener tous les peuples à pouvoir vivre
dans un environnement sain d?un niveau le plus élevé possible, par des
dispositifs permettant la protection de la nature.
(c)L?Organisation pour atteindre son but exercera les fonctions suivantes :
?L?organisation aura une autorité de direction et de coordination dans le
domaine de l?environnement et du développement durable
?Etablir et maintenir une collaboration effective entre les différentes parties
prenantes dans le respect de la démocratie environnementale.
?Fournir l?assistance technique appropriée et dans les cas d?urgence, fournir
l?aide nécessaire, certes à la requête des gouvernements, mais aussi via tout
autre système d?alerte
?Fournir et aider à fournir les Nations Unies une assistance dirigée aux
groupements spéciaux tels que les peuples autochtones et particulièrement les
peuples mobiles.
?Stimuler en coopérant au besoin avec d?autres institutions spécialisées et les
ONG, des mesures propres à prévenir les dommages environnementaux
?Proposer des conventions, accords et règlements, faire des recommandations
concernant les questions internationales en matière environnementale
?aider à former les peuples à une opinion éclairée en ce qui concerne
l'environnement
?favoriser tous les modes de vie, notamment ceux se rapportant à l'établissement
et la préservation de relations harmonieuses entre l'homme et son
environnement, comme par exemple ceux des peuples autochtones
?renforcer la gouvernance au niveau régional et local
?mettre en place un mécanisme de règlement des conflits environnementaux,
plus particulièrement une procédure de référé
?restaurer les terres dégradées ou à défaut prévoir une compensation en regard
des dégradations environnementales causées par les industries ou l?Agriculture
intensive
?pour cela, créer une cour internationale de l'environnement
?cette cour pourrait se décliner au niveau national, et être compétente pour des
questions préjudicielles en matière d'environnement
?la saisine de cette cour internationale doit être ouverte aux Etats, et ONG
spécialisées dans le domaine de l'environnement.
?Sans qu'il puisse être objecté la question de la spécialité, les organisations
autochtones accréditées pourront saisir cette cour
3-La place des entreprises et leur responsabilité en matière
environnementale
Ce serait une gageure de traiter les questions environnementales sans intégrer la
question de l'implication des entreprises. Le monde des entreprises est une partie
prenante au même titre que les états et la société civile. Pour autant, il est parfois
difficile de ne pas considérer que les états et les entreprises ne sont en fait pas qu'une
seule et même partie prenante, d'autant que certains états sont actionnaires de ces
entreprises.
Ainsi, rappelant la déclaration de Stockholm des 5-16 juin 1972 et plus
particulièrement ses affirmations selon lesquelles « l?Homme a un droit fondamental à
la liberté, l?égalité et à des conditions satisfaisantes dans un environnement dont la
qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien être », et « tous, citoyens et
collectivités, entreprises et institutions, à quelque niveau que ce soit, assument leurs
responsabilités et se partagent équitablement les tâches ».
Rappelant aussi les principes de la déclaration de Rio et plus particulièrement le
Principe 13 qui pose que « Les Etats doivent élaborer une législation nationale
concernant la responsabilité de la pollution et d'autres dommages à l'environnement et
l'indemnisation de leurs victimes. Ils doivent aussi coopérer diligemment et plus
résolument pour développer davantage le droit international concernant la
responsabilité et l'indemnisation en cas d'effets néfastes de dommages causés à
l'environnement dans des zones situées au-delà des limites de leur juridiction par des
activités menées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ».
Rappelant la résolution de l?Assemblée Générale des Nations Unies du 11 décembre
1987 indiquant que "la notion de développement durable... devrait devenir le principe
directeur fondamental pour ? les institutions, organisations et entreprises privées".
Rappelant le Plan de mise en ?uvre du Sommet mondial pour le développement
durable (§140 f) sur la nécessité de « Promouvoir la responsabilité des entreprises, leur
obligation de rendre des comptes et les échanges des meilleures pratiques au regard
du développement durable, y compris, lorsqu?il convient, par des dialogues
multipartites? ».
Rappelant La déclaration de Johannesburg sur le développement durable et
particulièrement son § 27 souligne que « dans le cadre de ses activités légitimes, le
secteur privé dans son ensemble, c?est-à-dire les grandes entreprises comme les
petites, a le devoir de contribuer à l?émergence de communautés et de sociétés
équitables et durables »
.Rappelant les principes directeurs de l'OCDE dans chapitre VI sur l'environnement
« Les entreprises devraient, dans le cadre des lois, règlements et pratiques
administratives en vigueur dans les pays où elles opèrent, et eu égard aux
accords, principes, objectifs et normes internationaux pertinents, tenir
dûment compte de la nécessité de protéger l'environnement, la santé et la
sécurité publiques, et d'une manière générale, de conduire leurs activités
d'une manière qui contribue à l'objectif plus large de développement
durable »
rappelant la Déclaration des nations unies dans son article 29 «1. Les peuples
autochtones ont droit à la préservation et à la protection de leur environnement et de
la capacité de production de leurs terres ou territoires et ressources. À ces fins, les
États établissent et mettent en ?uvre des programmes d?assistance à l?intention des
peuples autochtones, sans discrimination d?aucune sorte. »
nous recommandons :
(a) de rendre contraignant dans le cadre des Nations Unies, les principes
directeurs de l'OCDE impliquant des mécanismes de contrôle
(b) afin d'éviter le « law shopping » ou « forum shopping », les conventions
régionales doivent pouvoir s'appliquer pour les activités extra-régionales des
entreprises. Ainsi la Convention d'Aarhus doit pouvoir être invoquée s'agissant
d'activités en dehors du territoire européen. La responsabilité des entreprises doit
pouvoir être engagée sur le plan national, régional et international.
(c) la création de voies de recours adéquates au niveau national par la création
de cour spécialisée, et au niveau régional sur l'exemple de la CEDAO, la création d'une
procédure qui échapperait à l'obligation d'épuisement des voies de recours internes
(d) l'environnement étant une partie intégrante des droits de l'homme, il doit être
de manière systématique dans tous les textes fondamentaux, car la protection de
l'environnement ne saurait se faire sans normes juridiques contraignantes.
A propos de l'économie verte
Le pastoralisme constitue un exemple d'investissement au sein duquel le double
objectif de développement et de conservation de la biodiversité peut être atteint par la
reconnaissance de la contribution importante de ce système aux cultures, traditions,
moyens d'existence et service des écosystèmes.
Le pastoralisme représente un mode de vie qui concerne 100 à 200 millions de
personnes dans le monde.
Les systèmes de production pastoraux extensifs couvrent 25% de la surface des terres
émergées. En Afrique sub-saharienne, environ 16% de la population dépendent du
pastoralisme
les terres arides occupent 41%de la surface des terres émergées et abritent plus de 2
milliard d'habitants.
L'évaluation des écosystèmes pour le millénaire, un projet qui impliqua plus de 1300
experts dans 95 pays, a fait l'état de 24 services écosystèmiques contribuant
directement au bien-être des êtres humains et tira la conclusion suivante : les
politiques qui visent à remplacer une Agriculture sédentaire dans les zones de
parcours contribuent à la désertification et donc à la diminution des moyens
d'existence et conduisant à l'accroissement de la pauvreté.
Les défis environnementaux auxquels doivent faire face les systèmes pastoraux sont
multiples : changement climatique, surexploitation des ressources en eau par des
acteurs extérieurs, non accès au foncier, politiques nationales ou internationales
défavorables, colonisation de peuplement, pression foncière de sédentaires agriculteurs
et d?industriels.
Selon une étude de 2006 de Hatfield et Davis, la désertification apparaît souvent là où
les choix politiques ont sous-estimé les systèmes pastoraux.
Ainsi, rappelant l'article 1ier b de la convention internationale sur la lutte contre la
désertification, définissant cette lutte en désignant les activités qui relèvent de la mise
en valeur intégrée des terres arides, semi-arides et subhumides sèches en vue d'un
développement durable en :
?en prévenant et/ou réduisant la dégradation des terres
?en remettant en état les terres dégradées et restaurer les terres désertifiées.
Nous recommandons :
(a) la création d'un Haut-Commissariat à la Biodiversité
(b) prendre en compte le droit territorial et foncier des peuples autochtones en
général et des peuples mobiles en particulier
(c) lorsque les impacts sur l'environnement ne peuvent pas être évités ou réduits,
la compensation ne doit pas être financière. La compensation doit être foncière fondée
sur une équivalence de valeur (écologique, moyens de subsistance etc...). ce principe
repose sur la priorité locale
(d) d'encourager les états à promouvoir leurs aires protégées, à les protéger de
manière constitutionnelle
(e) la reconnaissance des APAC (aires de patrimoine autochtones et
communautaires).
Bordeaux, le 1ier novembre 2011