Rio+20: French Women Contact Group for Gender and Sustainable Development
Contribution du groupe de contact Genre et développement soutenable en vue de Rio + 20
The French Women Contact Group for Gender and Sustainable Development presents its contribution for Rio+20. Equality between women and men is at the core of the definition of sustainable development. Rio+20 is a good opportunity to redefine "sustainable development", and to reaffirm that a balance between environment, social and economic sectors can only be achieved if human rights are respected - globally.
The French language document is enclosed, see French pages. Contact Yveline Nicolas, Adéquations, ynicolas@adequations.org
The document can be downloaded at: http://www.wecf.eu/english/articles/2011/10/rio-frenchwomen.php
Propositions
Gouvernance
? Instaurer une parité femmes-hommes dans tous les processus et instances de participation, de
concertation et décision à tous les niveaux: local, national, sous-régional, international, y compris
dans les nouvelles instances susceptibles d?être proposées et créés suite à Rio + 20
? Intégrer dans les discussions préparatoires et le Programme d?action de la Conférence Rio +20 le fait
d?analyser et de nommer les obstacles qui ont empêché la réalisation de l?égalité des femmes et des
hommes décidée il y a 20 ans par l?Agenda 21 de Rio. Une analyse des échecs dans la mise en oeuvre
de l?Agenda 21 et des grandes conventions de Rio notamment en matière macro-économique, devra
apporter des explications à ces échecs dans une perspective de genre.
? Faire de l?approche par les droits humains l?épine dorsale de la définition de toutes les politiques
et stratégies de développement soutenable. Toute décision publique ou d?entreprises privées devrait
être précédée d?une analyse des impacts sur les droits humains intégrant l?égalité femmes-hommes ?
en lien avec les droits environnementaux. C?est avec cette grille de lecture que les mécanismes et les
actions de développement doivent être évalués, comme notamment ceux visant l?atténuation et
l?adaptation au changement climatique, le REDD +, les marchés d?émission carbone, les mécanismes
de compensation, le développement agricole, la sécurité alimentaire, etc.
? Harmoniser les stratégies et outils d?ONU Femmes, Agenda 21, Programme d?action de Pékin,
CEDEF au regard de la problématique «égalité hommes-femmes / équilibres écologiques» en
intégrant également plus systématiquement les questions de conflits armés, paix et reconstruction
traduites notamment par les résolutions des Nations unies sur la participation des femmes (résolution
1325)?
L?éradication des discriminations envers les femmes auxquels les Etats se sont engagés en signant la
CEDEF constitue un enjeu central de cette mise en cohérence, dans les domaines essentiels de l?accès à la terre, notamment communautaire et au foncier, de droits de propriété, de l?accès au crédit, à la formation, aux technologies notamment les TIC, à des conseils juridiques, et de garantie des droits
sexuels et de la procréation...
? Prendre en compte dans la mise en cohérence des trois conventions de Rio (climat, biodiversité,
désertification - et de la déclaration sur les forêts) et de leurs plans nationaux et régionaux de mise en
oeuvre. En particulier la Convention sur les changements climatiques CCNUCC (seule convention de
Rio qui n?intègre pas cette dimension)13 doit définir un plan d?action genre.
Sociétés civiles
? Mettre en place au niveau des Nations unies comme aux niveaux nationaux des stratégie et des
appuis pour aider les «neuf groupes majeurs» de la société civile à se décloisonner et prendre en
compte les organisations de femmes comme actrices transversales à tous ces groupes majeurs.
? Les mouvements de femmes ont, au moment de Rio, été porteurs de réflexion et de revendications
dans le domaine du désarmement comme dans celui de la sortie de l?énergie nucléaire
(suppression des subventions, démantèlement, décontaminations?): ces objectifs essentiels qui
conditionnent la vie des générations futures doivent être intégrés dans les discussions sur les modalités d?une économie soutenable.
? Ces mouvements ont également affirmé l?importance de garantir le principe de précaution et celui
du «pollueur-payeur»: une Convention internationale sur la responsabilité des entreprises devrait
être élaborée, intégrant la responsabilité en matière d?atteintes aux droits des femmes et à la santé
environnementale.
? Mieux valoriser et soutenir les organisations de femmes au Sud comme au Nord. La participation
de groupes de femmes consultatifs régionaux de la société civile doit être élargie et s?ouvrir à une
intersectionnalité des mouvements (diversité culturelle, de classe sociale, inter-générationnel) etc.
Les organisations et réseaux émergents sur le genre et le développement soutenable doivent être
encouragés.
? Prendre en compte et soutenir les initiatives des femmes dans l?économie sociale et solidaire au Sud
et au Nord et rendre prioritaire l?agro-écologie dans le cadre du respect de la souveraineté
alimentaire et du développement des circuits courts.
Méthodologies de mise en oeuvre
? Intégrer de façon participative une dimension de genre dans les Agendas 21 nationaux et territoriaux
comme les plans climats, avec des indicateurs d?impact et d?évaluation sexo-spécifiques. Cela
suppose de former tous les acteurs impliqués à cette approche.
? Rendre obligatoire les budgets nationaux (et locaux) sensibles au genre avec des croisements entre
les indicateurs sexo-spécifiques et de «développement durable».
? Intégrer dans l?analyse et la décision économiques la question du travail domestique et du soin
aux autres et à la planète (care), de leur redistribution et articulation avec la sphère dite productive;
ainsi que celle du travail informel assuré majoritairement par les femmes et de son passage vers des
métiers plus formalisés en général et en particulier dans le cadre des métiers dits «verts».
? Intégrer les nouveaux indicateurs de richesse et de développement qui prennent en compte ce
travail domestique et de care sous toutes ses formes monétaires ou non monétaires.
? Instaurer une parité dans l?accès à la formation et aux nouveaux emplois dit «verts » (qui doivent
être définis et analysés à l?aune de leur réelle utilité et impact écologique et social), notamment ceux à
forte composante technologiqueainsi que ceux concernant les énergies renouvelables, l?eau et
l?assainissement ; encourager la masculinisation des métiers sociaux et de care.
? Intégrer dans la réflexion sur la transition vers le développement soutenable le débat en cours et les
propositions de redéfinition des rôles sociaux de sexe, de la parentalité, des temps de vie, des partages des tâches entre femmes et hommes, de la prise en charge des dépendances?
? Intégrer l?égalité femmes-hommes et la diminution des violences contre les femmes comme des
indicateurs majeurs des nouveaux indices de richesse et de bien-être.
Aspects transversaux
? Placer au coeur de la redéfinition du mode de développement soutenable les politiques de
prévention et de sanction des discriminations et des violences contre les femmes (et les enfants,
notamment les filles). Parmi ces violences dont certaines sont en augmentation figurent les viols,
l?utilisation de technologies médicales pour empêcher la naissances des filles, les mutilations
sexuelles, les mariages et les grossesses précoces ?
? Articuler les objectifs et les plans d?action concernant l?évolution des modes de vie et de
consommation, qui vont être déterminants pour définir cette transition, avec les engagements
d?éradication des stéréotypes de genre, notamment dans la publicité et les medias.
? L?éducation non sexiste est une des clés du développement soutenable : les adultes et les enfants
dès leur plus jeune âge doivent être formés à identifier et débusquer les stéréotypes sexistes porteurs
de violences et limitant le potentiel humain. L?éducation relative à l?environnement et vers un
développement durable devrait intégrer cette notion et sa traduction concrète dans les pratiques et
outils éducatifs.