Plusieurs moyens (ou politiques) peuvent être déployés pour développer l?économie verte.
Mettre en place des politiques économiques qui prennent mieux en compte les externalités environnementales :
o Démantèlement des aides et subventions qui pénalisent l?environnement notamment dans les domaines de l?agriculture et de l?utilisation de l?énergie,
o Transfert progressif d?une partie de la fiscalité pesant sur le travail et les investissements vers une fiscalité sur les ressources naturelles et les pollutions (ces politiques auraient de surcroît un effet bénéfique pour l?emploi),
o Tarification (par la fiscalité, par des quotas négociables ou par des contraintes réglementaires) des externalités environnementales négatives.
Pour ces politiques économiques veiller à :
o Les instituer dans un cadre stable de long terme permettant une prévisibilité pour les investisseurs (entreprises, ménages, administrations),
o Assurer les protections aux frontières de façon qu?elles ne conduisent pas à une concurrence déloyale, à des délocalisations et à des fuites de pollution vers des régions moins contraignantes sur les mesures environnementales.
Favoriser et dynamiser les orientations vers une économie verte :
o Simplifier la réglementation qui encadre les activités économiques,
o Aider (financements, incitations fiscales, etc.) l?éco-conception et les éco-innovations,
o Accompagner la diffusion de bonnes pratiques par une politique de normalisation et de labels officiels
o Donner la préférence à ces produits dans les marchés publics et à travers des politiques d?approvisionnements des entreprises
Développer l?information et la formation des chefs et responsables d?entreprises et des consommateurs
o L?une des missions du réseau des chambres de commerce et d?industrie en France est précisément d?accompagner les PME et de leur mettre à disposition des outils et compétences.
o Assurer la promotion des démarches de management environnemental et d?écolabélisation
Plus spécifiquement, concernant l?action des CCI en France, les aides peuvent prendre la forme d?un accopagnement :
1. dans l?accès aux financements,
2. individualisé, à travers la mise à disposition d?outils et de compétences. Ces partenariats sont souvent basés sur un réseau ou prenne la forme d?incubateur.
3. vers l?export et l?internationalisation
1. le soutien financier
Pour bénéficier de ce soutien à l?innovation, les entreprises doivent chercher à comprendre la psychologie des établissements de financement. Cette phase de réflexion et de questionnement leur permet de mettre toutes les chances de leur côté. Mais c?est aussi une forme d?autoévaluation de son propre projet, essentielle dans la démarche d?innovation.
Les interventions de cette table ronde soulignent une fois encore le potentiel économique que représentent les éco-activités. Dans un contexte de prise de conscience du « one planete living », et sous l?impulsion des pouvoirs publics, des enjeux énormes se profilent dans ce domaine. La transition énergétique est engagée. Elle entraîne dans son sillage la croissance de marchés tels que celui de l?énergie solaire ou du transport durable.
En France, plusieurs actions exemplaires ont été menées :
Les aides de l?Etat pour le financement de l?éco-innovation : OSEO
Les opportunités d?innovation sont nombreuses dans le domaine écologique. Loin de se limiter au changement climatique, les enjeux concernent aussi la transition énergétique, le stress hydraulique ou encore l?épuisement des sols et des matières premières. On constate un envoledu marché américain des éco-technologies depuis trois ans.
Dans ce contexte, OSEO finance des projets d?innovation ayant des perspectives concrètes
d?accès au marché. Il propose trois programmes de financement à destination des entreprises innovantes :
- un programme d?aide à l?innovation (pour des projets liés à une seule entreprise).
- un programme d?innovation stratégique industrielle (pour des projets collaboratifs).
- le pacte PME, pour inciter les PME et les grands groupes à travailler ensemble.
Enfin, OSEO dispose d?une base de données lui permettant de recenser les entreprises, les start up et leurs activités.
Une opération collective régionale d?éco-innovation : le cas du groupe AFNOR
Le groupe AFNOR construit actuellement un programme d?accompagnement des PME dans leur mise en place d?une démarche d?éco-innovation. Ce programme fonctionne sur la base d?un réseau de partenaires (ADEME, Etat, Europe, OSEO?) qui mettent à la disposition desentrepreneurs de la région Centre des compétences techniques et de terrain.
Le dispositif d?AFNOR est séquencé. Il est actuellement à mi parcours de sa version finale. Deux phases pédagogiques, dont l?ambition est de sélectionner les entreprises qui bénéficieront d?un accompagnement, ont été réalisées à ce jour:
- En amont, une phase de sensibilisation à travers des ateliers interactifs. Il s?agit d?aider les entreprises à se faire une représentation de ce qu?est l?éco-innovation.
Ce travail pédagogique s?appuie sur une plateforme internet apportant informations et illustrations6. Cette phase de sensibilisation est un préalable essentiel pour engager ensuite un travail de projection et réfléchir à un futur projet.
- Une phase d?auto-évaluation, qui intègre les entreprises dans un questionnement L?agenda prévoit ensuite une phase de définition de projet, un système d?accompagnement personnalisé et enfin une phase de communication (un retour d?expérience, à l?horizon 2010).
Les produits financiers destinés aux entreprises éco-innovantes
L?idée est de se mettre à la place de ceux qui assurent ou financent, et de comprendre leur raisonnement et leurs critères.
L?assureur : l?exemple d?AXA Entreprises
Le métier d?assureur consiste à évaluer des risques. Avant d?assurer une éco entreprise l?assureur se pose trois questions :
- Quel est le domaine d?activité de l?entreprise ?
- Quel produit fabrique-t-elle ? Dans quelles conditions ? Et quelle est sa diffusion ?
- Quelles sont les références de l?entreprise ?
A titre d?exemple : dans le cas d?une entreprise fabriquant des buches de paille compressées, l?assureur va apprécier les conditions de stockage des buches de paille (ex : présence d?eau) ; pour une activité liée aux déchets, le tri et la séparation des déchets sera évalué, etc.
Dans le domaine du bâtiment, chaque matériau utilisé requiert un certificat de fiabilité, dont la durée d?obtention est de trois ans. AXA propose, à travers son PASS Innovation, un premier.
2. La mise en réseau
La mise en réseau est un levier pragmatique et présente de nombreux intérêts :
Il crée un espace de rencontre et d?échange entre entreprises, ainsi que des passerelles entre les entreprises et le monde de la recherche. Cela permet de créer des contacts, de s?associer sur un projet, et de faciliter l?échange de bonnes pratiques.
Il facilite l?accès des entreprises membres au marché national et international
Il constitue un espace de communication pour les éco-entreprises.
Sa fonction de veille fait de lui un espace d?intelligence, dont l?objectif est d?aider les chefs d?entreprise à prendre la bonne décision au bon moment.
Il permet de mettre en commun des moyens.
C?est un outil grâce auquel les entreprises réalisent un véritable gain de temps
Le réseau est un facteur d?attractivité territoriale comme le prouve l?exemple du pôle Eco-Industrie d?Alès.
Crée il y a 8 ans, sous l?impulsion et le contrôle d?un comité de pilotage, le pôle éco-industries Alès Cévennes propose des solutions pragmatiques pour les éco entreprises de ce bassin d?emploi. Il identifie et répertorie les activités des éco-entreprises et cherche des solutions pour les accompagner dans leurs projets (avec notamment la création d?un label SPL5, précurseur des pôles de compétitivité).
Ce réseau propose notamment :
- Une mise en relation : Faire en sorte que les entreprises se rencontrent entre elles, au cours de réunions thématiques, et les inciter à s?associer pour développer un produit. Le réseau constitue en cela un véritable facteur d?attractivité territoriale, facilitant l?intégration de nouvelles entreprises. Avec le temps, le réseau évolue et les réunions se font de plus en plus informelles. En effet, il est difficile de trouver des sujets communs à tous les types d?éco-entreprises. Ces dernières préfèrent alors se retrouver en petit nombre, de manière informelle, ce qui leur permet de pousser plus loin les échanges entre elles.
- Un potentiel scientifique : Le réseau compte sur la présence de l?école des Mines d?Alès,
- Une action de communication : afin d?aider les entreprises à accéder au marché en les faisant connaître.
L?outil plateforme de veille économique : l?exemple du réseau alsacien
L?Alsace se distingue par une forte concentration d?éco-entreprises (dont 90% de PME) au sein de son territoire. Pour aider ces éco-entreprises, la CCI de Colmar a impulsé un réseau, dont elle assure l?animation.
Ce réseau est très présent en termes d?intelligence économique, grâce à sa plateforme de veille économique. Chaque éco-entreprise peut disposer d?un tableau de bord personnalisé, dans lequel sont recensés appels d?offres, actualité, réglementation?Elles peuvent aussi bénéficier d?un système d?alerte par e-mail, ou encore rédiger directement leur newsletter à partir de la plateforme. Le but est de faire gagner un maximum de temps aux chefs d?entreprise et de faciliter leur prise de décision.
Stratégie de développement : l?exemple du réseau Bretagne Développement Durable
Les huit CCI de la région Bretagne ont choisi de collaborer ensemble dans le domaine du développement durable. Sous la marque Bretagne Développement Durable®, chacune développe un ou plusieurs champs d?expertise dans lequel elle est spécialisée (Ex : la CCI des Côtes d?Armor est compétente dans le domaine des déchets industriels). Elles mettent ensuite leur savoir à disposition de l?ensemble des entreprises bretonnes.
Outre la mise en réseau de compétences, cette coordination des CCI bretonnes sous une même marque cherche aussi à donner une meilleure visibilité à leurs actions, encore trop occultées.
Quel rôle pour les CCI ? La stratégie du réseau consulaire en matière d?éco-entreprises
La stratégie du réseau consulaire est basée sur :
1. ? Un recensement des éco-activités au niveau local et national
2. ? Des actions de communication : aujourd?hui les éco-entreprises françaises ne savent pas vendre ce qu?elles produisent. Ces dernières font face à un manque de reconnaissance et de lisibilité de leur activité.
Au regard de ces constats, la CRCI a mis en place :
un système de classification des éco-entreprises.
une plateforme sous forme d?un site internet gratuit : www.eco-entreprises.fr.
Pour améliorer son action, la CRCI estime qu?il faudrait :
- Renforcer les partenariats, notamment avec la région,
- Promouvoir une véritable « offre France », et augmenter le nombre de PME exportatrices,
- Faire davantage connaître les actions et l?expertises des CCI, afin qu?elles profitent à tous les réseaux.
3. L?internationalisation
Les marchés étrangers, qu?ils soient européens ou plus lointains, sont des opportunités pour les éco-entreprises françaises de petite et moyenne taille, qu?il ne faudrait pas laisser passer. La gestion de l?eau, en particulier, s?affiche comme un marché significatif, surtout dans les nouveaux pays membres pouvant prétendre à des fonds européens.
Plusieurs partenaires se mobilisent pour aider les éco-entreprises à accéder aux marchés
Internationaux.
Les acteurs au service de l?internationalisation des entreprises : L?AFCI et UBIFRANCE
UBIFRANCE est l?agence française pour le développement internationale des entreprises. A ce titre, elle accompagne individuellement les entreprises dans leurs démarches à l?exportation, à travers ses trois missions : informer, conseiller, soutenir (en organisant par exemple les VIE).
Récemment, l?agence a lancé, en partenariat avec OSEO, un crédit à l?exportation.
Ces dernières années, UBIFRANCE a connu une réforme structurelle. Outre son rapprochement avec les missions économiques, elle est organisée par filières sectorielles, ce qui permet aux entreprises d?avoir un interlocuteur sectoriel.
I
Il semble que la France ait un problème de motivation dans le domaine de l?exportation. La balance commerciale nationale n?est plus excédentaire depuis 2003.
Pour qu?une PME exporte, il faut que son chef remplisse trois conditions :
- parler anglais,
- avoir des fonds propres,
- avoir envie d?aller à l?exportation.
Pour remédier à cette situation, le gouvernement français a fixé des objectifs ambitieux : il compte sur UBIFRANCE pour emmener 10 000 entreprises supplémentaires à l?exportation en trois ans, via la création de V.I.E.
Les C(R)CI ont aussi un rôle à jouer pour répondre à cette démotivation française à l?exportation :
en donnant des exemples de réussite, afin de motiver les chefs d?entreprises à exporter, ou les aider à dépasser des échecs.
en développant des partenariats avec UBIFRANCE. Il s?agirait pour les CCI d?évaluer le potentiel export de leurs entreprises ? de détecter des talents - et de les mettre en relation avec UBIFRANCE.
Le plan export des éco-entreprises (PEXE)
Lancé à l?initiative du club ADEME International, PEXE est une association assurant la promotion internationale d?une centaine d?éco-entreprises françaises, et plus particulièrement de PME-PMI.
Cette association s?appuie sur un partenariat public/privé. Elle fonctionne en réseau afin de favoriser la collaboration entre ses entreprises membres. Des pôles thématiques sont mis en place en fonction des activités propres à chaque territoire (ex : le pôle mer sur le territoire brestois).